Brésil , un problème de fond
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VUE SUR LE NET

#BRESIL « Tes cheveux et ta couleur de peau me dégoûtent », situation des employées de maison

 

Nilza Neves Ribeiro, femme afro-brésilienne de 49 ans, a du faire face à cette terrible phrase prononcée par celle qui l’employait depuis plus d’un an avant de la licencier. Elle s’occupait jusqu’ici du ménage et des repas mais un désaccord est apparu au sujet de l’indemnité de préavis.

Lors de l’altercation, Nilza a également été molestée : sa patronne l’a attrapée par le bras pour la pousser hors de la maison.

Une plainte a été déposée et la victime affirme disposer de témoins qui pourront appuyer sa version des faits.

L’affaire devrait être qualifiée en « blessures ou atteinte à connotation raciste ».

Le Brésil comporte 6,5 millions d’employées domestiques dont à la composition est à 90% féminine et à 60% noire. Cette situation est un héritage direct de l’esclavagisme* qui a été aboli en 1888.

Elles font face à une très grande précarité, elles peuvent être licenciées à tout moment, travaillent un nombre d’heures sans limites et doivent utiliser des toilettes séparées ou des ascenseurs placés à l’arrière des bâtiments.

Une loi a été votée en 2013 afin de leur accorder plus de droits. Leur temps de travail est désormais plafonné à 44 heures et elle peuvent prendre 1 mois de congés. De plus, les heures supplémentaires sont dorénavant majorées de 50%.

Il s’agit d’une véritable révolution pour les brésiliens aisés** qui ont pris l’habitude de déléguer la gestion de la maisonnée. Ce visuel publié dans un magazine conservateur en atteste…

***
La vérité sur l’existence du racisme au Brésil se fait de plus en plus entendre , le mythe de la démocratie raciale se voit interpelé avec de plus en plus de force, révélant ainsi le vrai visage du racisme brésilien.Au Brésil, le métissage devrait en principe fragiliser le racisme, mais ce n’est pas ce qui se passe. Dans un pays multiracial, on ne voit pas de Noirs dans les pubs à la télévision, ni à l’accueil, ni comme vendeuses dans les centres commerciaux ; on voit peu de Noirs dans les facultés (privées ou publiques), et tout aussi peu à des postes de direction et diplomatiques.

Les Brésiliens se connaissent mal et savent peu de choses sur leurs racines. La question de l’identité des Noirs est peu médiatisée ; leur culture et leur origine sont méconnues de la grande majorité de la population brésilienne. Une étude de l’IBGE – Institut Brésilien de Géographie et de Statistiques – montre qu’à peine 6,5% des Brésiliens se reconnaissent comme étant noirs. “Il n’y a pas dans une société de symptôme plus dramatique de racisme que d’induire les hommes et les femmes à nier leur propre identité

Le racisme est devenu si subliminal qu’il est difficile à repérer. L’image des Noirs dans les livres, les feuilletons, sur le marché du travail et dans différents secteurs de la société, reste infériorisée par rapport à celle des Blancs.

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