La première Déclaration des Droits de l’Homme est Africaine
La première Déclaration des Droits de l’Homme est Africaine
La première Déclaration des Droits de l’Homme est Africaine

En effet, exprimée en 1236 à Kurukan, Le Kurukan Fuga, ou Charte du Mandé, est la première déclaration des droits de l’homme. Cette Charte, dans l’optique d’asseoir pleinement le magistère de Soundjata Keïta, a été initiée par ses collaborateurs et lui – même, au lendemain de la victoire de Kirina sur les troupes de Soumaoro Kanté en 1236.
Elle s’est articulée autour d’un ensemble d’axes et de recommendations.

Kurukan Fuga, qui signifie littéralement « plaine sur une colline ». C’est dans cette contrée qu’en 1236, Soundjata Keïta réfléchit à une manière d’unifier tous les clans et tribus, après les territoires annexés lors de sa victoire face à Soumaoro Kanté.

 

C’est une Charte orale, mais d’une précision extrême. Autour d’une quarantaine de points, la Charte reprend quantité d’axes de la vie en communauté, notamment :

 

• Les « Nyamakalas », artisans connaissant la force du feu, de l’eau et de la parole (cordonniers, griots …) se doivent d’être les garants de la vie en société
• Les « Morikanda » (classes des marabouts) doivent être les maîtres et éducateurs en Islam. De ce fait, tout le monde leur doit respect et considération
• A la tête de chaque société, se trouve un patriarche en terme d’âge
• Les « Kangbé » se doivent d’être les intermédiaires entre les jeunes et les vieux, histoire d’arbitrer les conflits et ainsi d’éviter les conflits de génération
• Chacun a le droit de préserver son intégrité et sa vie
• La paresse et l’oisiveté doivent être bannis et ériger la prospérité en projet de vie par le biais des Konogben Wolo
• La famille Keïta est désignée famille régnante de l’Empire
• Tout un chacun peut jouir de l’autorité paternelle, même sur les enfants d’autrui

 

Les autres points portaient eux, sur le divorce, l’entraide dans une communauté, la préservation de la nature … Tout ceci afin d’instaurer une parfaite cohésion entre les choses et les êtres.

 

Avant l’avènement du héros Soundiata Keita, le Mali se trouvait dans une misère totale. L’individualisme, la pratique abusive de l’esclavage, avaient entraîné les peuples dans l’oisiveté.

 

Pour faire du Mali une grande entité économique et politique, Soundiata comprit qu’il fallait organiser la société, en donnant au « Mandékas » (peuple du Mali) une culture de travail. Pour cela, il convoqua les chefs des différents clans pour déterminer le droit mais aussi les devoirs de chacun. Ainsi les ordres des griots, des forgerons, des esclaves, des marabouts,… furent-ils institués ou renforcés. Les « Numu » seront commis à la production des outils d’agriculture, des armes, constituant ainsi la caste des forgerons.

 

A Kuru Kan Fuga, le travail fut tellement pris au sérieux qu’il apparaît, dans l’ordre des vertus, à la deuxième place, entre le savoir et la justice. D’où la devise « Kolon, Baara, Tilen » (savoir, travail, justice). Les Mandingues appellent cette devise les trois principes fondamentaux du progrès de l’homme.
Ainsi, en 1236 fût érigée la Constitution de l’empire du Mali, qui définit le statut et le rôle de chaque citoyen, au sein de la communauté, dans la paix et la concorde. Soundiata et ses généraux, chantés par les griots, sont restés vivants dans la culture malienne.

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