Les peuples noirs des îles perdues
Les peuples noirs des îles perdues
Les peuples noirs des îles perdues

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Les îles Andaman sont situées dans l’océan Indien et administrativement rattachées au territoire indiens des îles Andaman-et-Nicobar. La ville de Port Blair est la plus grande ville de ces îles et la capitale administrative du territoire. Les îles comptent 314 239 habitants. Le nom Andaman provient de Handuman du dieu Hindou Hanuman.

Quatre tribus appartenant au groupe dit « negrito » vivent sur les îles Andaman : les Grands Andamanais, les Onge, les Jarawa et les Sentineles.

Les Jarawas vivent sur la Grande Andaman, les Onge sur la Petite Andaman et les Grands Andamanais sur l’île de Strait. Ces trois ethnies sont en danger d’extinction totale (maladies, alcool, exploitation sexuelle). Protégées par leur isolement, les Sentineles s’en tirent un peu mieux.

Aux îles Andaman, deux peuples luttent pour leur survie. L’un est reclus, fort et belliqueux. L’autre est doux, vulnérable et en contact avec la « civilisation ».

Jusqu’en 2006 et pendant près de 60’000 ans, la tribu des Sentineles a vécu dans une relative insouciance, pêchant et cueillant sur leur île boisée et touffue de North Sentinel, située à l’ouest des îles Andaman, dans le golfe du Bengale.

Juste après le tsunami de 2004, les autorités indiennes – pressées par les organisations humanitaires – ont également dépêché un bateau pour secourir les Sentineles lesquels,

pensaient-elles, avaient sans doute péri dans la catastrophe. Non seulement ceux-ci avaient miraculeusement survécu, mais les secours furent salués par des jets nourris de flèches et de javelots lancés par des hommes restés très en forme dans leur isolement naturel.

En 2010, les autorités indiennes et la police décident de laisser définitivement tranquille les Sentineles. Interdiction absolue de fouler, ne serait-ce que le quart de la moitié de l’orteil de leur île-refuge sous peine d’amende salée…et de suicide assuré.

Dans les années 70, une route est ouverte, traversant le territoire boisé et montagneux des Jarawas, un peuple nomade quasiment coupé du monde jusqu’en 1998, vivant en petits groupes, chassant le cochon sauvage et le varan avec des arcs et des flèches, collectant du miel et des baies. Les braconniers et les exploitants forestiers n’hésitent pas à pénétrer dans ces sylves touffues et peu peuplées.

Et les visiteurs s’invitent aussi. Les Andamais n’aiment guère leurs « primitifs », accusés de voler, de ne pas respecter les biens et la propriété privée. Mais ils intriguent les adultes et amusent les enfants. Pourquoi ne pas perpétuer, ici dans les îles Andaman, la bonne vieille tradition de la foire aux « monstres » et de se faire un peu d’argent de poche dans un archipel qui en manque cruellement? 

Peu à peu, un commerce morbide s’installe. Des centaines de touristes prennent cette route et attirent les Jarawas avec des bonbons et des friandises pour les inciter à danser devant les caméras. Ce « safari humain », organisé par des tour-opérators peu scrupuleux et avec la complicité de la police, est dénoncé par l’ONG Survival International. Une vidéo publiée en 2012 sur le site du journal britannique The Guardian  crée un mini-scandale.

La Cour suprême indienne ferme la route fin 2002, mais les autorités des îles Andaman n’en ont cure et passent outre. Le commerce continue. Les Jarawas dansent toujours devant les caméras pour quelques bonbons, certains tour-operators s’en mettent plein les poches et graissent la patte de policiers mal payés. Une petite économie florissante dans un archipel sous-développé explique en partie cette situation navrante.

Outrée, l’ONG mène campagne. Le 23 janvier 2003, victoire ! La Cour suprême décide provisoirement de fermer la route. Mais le 6 mars 2013, patatras ! Elle revient bizarrement sur sa décision et en maintient l’ouverture. Le « safari humain » peut repartir de plus belle. Une fois de plus, les autorités locales ferment les yeux.

Les Jarawas sont menacés d’extinction. Les forêts où ils vivent sont de plus en plus exploitées, les contacts avec d’autres populations leur donnent le goût de l’alcool et des épidémies sporadiques de rougeole se sont déclarées en 1999 et en 2006. A court terme, leur survie est problématique.

La Cour suprême indienne ferme la route fin 2002, mais les autorités des îles Andaman n’en ont cure et passent outre. Le commerce continue. Les Jarawas dansent toujours devant les caméras pour quelques bonbons, certains tour-operators s’en mettent plein les poches et graissent la patte de policiers mal payés. Une petite économie florissante dans un archipel sous-développé explique en partie cette situation navrante.

Outrée, l’ONG mène campagne. Le 23 janvier 2003, victoire ! La Cour suprême décide provisoirement de fermer la route. Mais le 6 mars 2013, patatras ! Elle revient bizarrement sur sa décision et en maintient l’ouverture. Le « safari humain » peut repartir de plus belle. Une fois de plus, les autorités locales ferment les yeux.

Les Jarawas sont menacés d’extinction. Les forêts où ils vivent sont de plus en plus exploitées, les contacts avec d’autres populations leur donnent le goût de l’alcool et des épidémies sporadiques de rougeole se sont déclarées en 1999 et en 2006. A court terme, leur survie est problématique.

 Aux îles Andaman, on assiste donc à deux logiques à priori contradictoires. On protège les Sentineles, et on parque les Jarawas dans des zoos naturels, à l’instar de ceux qui existaient à Calcutta au milieu du XIXème siècle où les Anglais exhibaient les natifs des îles Andaman et Nicobar dans des cages.

Cependant, il semblerait que le côté belliqueux des Sentineles ainsi que leur manque de goût pour les friandises aient un effet dissuasif sur les tour-opérators locaux et sur certains policiers dépourvus d’assurance-vie. Et ces « primitifs » savent bigrement se défendre.

Les Jarawas, eux, sont plus vulnérables. Il y a aussi de l’argent à se faire. Cette  lamentable histoire universelle de petits sous, de cupidité et de corruption, de commerçants sans scrupules et de hors-la-loi locaux augure des lendemains malheureux. 

Bravo pour l’article. Je trouve l’analyse très détaillée et vraiment pertinente.Plusieurs points sont vraiment très intéressants dans cette campagne comme tu le soulignes:L’agresseur se faisant passer pour victime, les petites phrases apparemment anodines choisies pour mettre en valeur la déresponsabilisation, le témoin qui devient finalement victime et qui trouve le moyen de stopper le processus de harcèlement, l’ &li;&o;unbspqauto-critaque » en direction des enseignants…

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